Martini (1895)
  • 1/3 Dry Vermouth
  • 2/3 Gin
  • Garnish lemon slice.

Cette recette est une variante du Martinez. La recette mise au point en 1895 par George J. Kappeler, qu’il publia dans son ouvrage « Modern American Drinks ».

Ce cocktail, inspiré par le « Martinez », et qui a inspiré le fameux « Dry Martini » ainsi que toutes les variantes qui en découlent, est en quelque sorte le point de bascule entre l’importance du vermouth et l’importance du gin dans un martini. Cette recette est aussi devenue un concept : elle a donné naissance aux Martinis ! En 1922 le Martini a atteint sa forme la plus reconnaissable dans laquelle le gin sec de Londres et le vermouth sec sont combinés dans un rapport de 2 : 1, agité dans un verre de mélange avec des glaçons, avec l’addition facultative d’amers oranges ou aromatiques, puis tendu dans un verre à cocktail réfrigéré. Au fil du temps, la garniture généralement attendue est devenue le choix du buveur d’une olive verte ou une torsion de zeste de citron .

Americano (1917)
  • 1/2 Sweet Vermouth
  • 1/2 Amaro
  • and a swig of sparkling water…
  • Garnish with 1/2 orange slice and 1/2 lemon slice.
L’Americano a été inventé en Italie en 1861 au bar de Gaspare Campari par lui même, endroit fréquenté par des alcooliques mondains notoires tels que Verdi, Edouard VII ou encore Ernest Hemingway. Il était initialement connu sous le nom de « Milano-Torino » à cause de ses ingrédients: l’Amaro utilisé (Campari) vient de Milan et le Vermouth utilisé (Cinzano) de Turin.
Ce n’est que plus tard, quand les Américains hantaient les côtes italiennes en 1917, que les locaux baptisèrent ce cocktail « Americano » en l’honneur de leurs clients qui semblaient apprécier ce cocktail allongé d’eau gazeuse et avec moins de vermouth pour mieux se rafraichir. Le bar modifie la recette que les Américains finissent par importer aux USA, où elle devint très populaire. L’Americano est publié pour la première fois dans un livre de cocktails en 1928, en France.
En 1933, la fin de la prohibition marqua le déclin de l’Americano comme cocktail à la mode pour en faire un apéritif bon enfant un peu démodé car moins puissant que sa variante, devenu plus populaire : le Negroni. Cela a commencé avec Ian Fleming (Inventeur de James Bond) qui a écrit un article dans A View to a Kill disant qu’il avait bu ce Cocktail en 1950 en France au Fouquet’s (Paris) et l’avait trouvé minablement faible, tout en blâmant les français sur leur médiocre culture du bar. Depuis, beaucoup ont eu honte de le boire en public aux Etats Unis.
Spritz
  • 4-6/10 Vermouth
  • 6-4/10 Sparkling wine
  • a swig of sparkling water…

Le Spritz (également appelé Spritz veneziano) est un cocktail alcoolisé largement consommé en apéritif dans les grandes villes de la Vénétie et du Frioul-Vénétie julienne, et également répandu dans toute l’Italie.

Le Spritz se compose de vin blanc pétillant (du Prosecco en général), d’eau de Seltz auxquels viennent s’ajouter un alcool plus ou moins amer comme du Campari (Spritz bitter), très amer, qui donne une couleur rouge vif à la boisson, ou de l’Aperol (Spritz dolce), plus sucré, qui donne une teinte plus orangée. Il existe aussi une version plus rare avec du Cynar, de couleur noire ambrée. S’y ajoutent en général une olive et une rondelle de citron, d’orange ou d’orange sanguine (immergée dans le verre).

Le dosage et la composition varient d’un établissement à l’autre, le Spritz peut donc être très peu alcoolisé ou relativement plus. Dans certains établissements, on trouve également des Spritz préparés avec du champagne.

Dry Martini (1904)
  • 1/6 Dry Vermouth
  • 5/6 Gin
  • Garnish with green olive
Ce cocktail consiste à sublimer un bon gin. Il se doit d’être le plus frais possible, tout en étant sec… afin de laisser son arôme se libérer. Il faut donc que les cocktail ne traîne pas dans le verre à mélange avec les glaçons. On est même carrément arrivé à des variantes comme celle de Churchill qui buvait le gin pur en se contentant de regarder la bouteille de vermouth en même temps pour «s’imprégner» de son goût.
Une légende de comptoir dit que quand une personne arrive à deviner le goût du vermouth c’est qu’elle à de très bonnes capacités gustatives: ainsi c’était un test réalisé à l’entretien d’embauche pour un barman digne de ce nom qui voulait travailler dans certains grands établissements.
Cette recette a été mise au point en 1904 par le barman anglais Frank P. Newman pendant qu’il officiait au Grand Hôtel Intercontinental, place de l’Opéra à Paris. Il publia, la même année, la recette dans son livre «American Bar – Recettes des Boissons Anglaises et Américaines» (édition 1904).
Conçu sur la base du «Martini», cette recette devient très populaire pendant la prohibition (1920-1933) grâce à la production grandissante du Gin, plus rapide à produire que le whisky. C’est finalement dans les années 1960 que la révolution de ce cocktail eut lieu grâce au délicat James Bond, qui le prefère «shaken» (Frappé) plutôt que «stirred» (Remué au verre à mélange), devenant ainsi legèrement plus frais et servi plus rapidement, mais plus dilué et moins translucide.
Pour la petite anecdote, en Afrique, sur le tournage d’«African Queen», tous les membres de l’équipe se plaignait des piqûres de mous-tiques sauf Humphrey Bogart. Son secret fut révélé par John Huston: «Dans la première partie de la nuit, il était tellement imbibé de Dry Martini qu’il ne sentait rien, ensuite de quoi, les moustiques étaient tellement bourrés qu’ils étaient bien incapables de piquer qui que ce soit…»
Attention, boisson puissante: Dorothy Parker avait l’habitude de dire : « J’adore boire un ou deux dry Martini, avec trois je suis sous la table, avec quatre je suis sous mon hôte. » Le martini est couramment associé à d’autres personnalités telles que Truman Capote, Ernest Hemingway, Cary Grant, Franklin Delano Roosevelt et Winston Churchill, qui ont publiquement déclaré leur goût pour ce cocktail.
Negroni (1919)
  • 1/3 Red Vermouth
  • 1/3 Amaro
  • 1/3 Gin
  • Garnish with an orange twist.
Le Negroni a été inventé à Florence (Italie), à la «belle-époque» en 1919. A cette époque, le café «Casoni» était le lieu où l’aristocratie florentine allait se rencontrer le soir, avant de diner.
Le comte Camillo Negroni avait coutume de s’y rendre et de consommer son Americano. Toutefois, le comte Negroni, qui aimait bien goûter les cocktails, était ennuyé de boire toujours le même et décida de changer. Il proposa ainsi au barman, Fosco Scarelli, de renforcer l’apéritif en utilisant les mêmes ingrédients, mais en se passant de l’eau gazeuse et en ajoutant du gin, que le comte avait découvert pendant ses voyages à Londres.
Le succés de ce cocktail fut énorme, tous les clients du Café «Casoni» voulaient goûter cet «Americano» avec du gin. Le barman Fosco Scarelli eut l’idée de lui donner le nom de son inventeur, Negroni, pour honorer le comte et pour abréger l’appellation trop longue «d’Americano avec du gin». Ce cocktail a fait, depuis, le tour du monde et s’est imposé parmi les grands cocktails internationaux.